Froidure
8 septembre 2026
Froidure
Le froid a envahi la plaine craquelée, les arbres,
pleins de givre, tordent dans un soleil triste leurs bras croquevillés.
La terre s'est durcie et tout est imprégné d'une vie qui s'endort dans le grand lit d'hiver.
Le champ crépusculaire des noirs oiseaux tocsinne dans un ciel qui rougeoie en un air frigérant. L'hiver est donc venu et les heures s'écourtent, les membres s'engourdissent, les corps se font frileux, et les pas sont craquants sous les pieds qui résonnent,
puis les mains se transissent, enfouis, se pelotonnent.
Crépuscule flamboie et bûches se consument.
Foyers se carapatent vers un âtre qui fume. Nuitées se font rêveuses près des bûches rougeoies.
Tels sont les beaux hivers d'un antan qui s'estompe. Aux veillées âpres et douces d'un passé bien fané, grisailles de nos jours où le temps, las, ne compte,
s'écoulant monotone où sur l'eau s'impressionne un soleil fatigué dans un ciel qui frissonne.
Le texte fut imprimé aux éditions st germain des près dans un recueil de poésies qui s'appelle Fumées
